Quels types de compétences attendues dans le domaine de la santé ?

Ces professions se sont tout particulièrement développées ces dernières décennies, conjointement à l’évolution de politiques publiques en faveur de publics spécifiques (femmes victimes de violences, enfants et adolescent·e·s, personnes LGBT, personnes prostituées, etc.). Progressivement, un nombre de plus en plus significatif de professions ont élaboré des référentiels métiers et compétences. Il s’agit ici de les identifier, au travers de fiches de poste et d’entretiens conduits avec les personnes ressources travaillant dans les domaines de la santé, de la sexualité et/ou des violences. 

Les domaines d’exercice de la santé, la sexualité et les violences recouvrent des métiers fortement hétérogènes du point de vue des qualifications requises, entre les niveaux 3 à 8 du cadre européen des qualifications EQF (European Qualification Framework) ou de 1 à 5 dans la classification RNCP. Du point de vue des diplômes et des qualifications explicitement genre, il est important de noter qu’ils sont particulièrement défaillants dans le secteur de la santé, notamment dans le milieu médical où les cours « genre et promotion de la santé », dispensé dans les années 1960 et 1970, ont disparu dans un contexte d’abandon de l’idée de diagnostique communautaire.

Lorsque les diplômes et des qualifications explicitement genre existent, ces derniers se trouvent plutôt dans les niveaux universitaires relativement avancés. Cependant, les entretiens menés avec les partenaires du projet PASSAGE suggèrent que l’université n’est pas la seule entité à délivrer des compétences susceptibles d’être valorisées sur le marché du travail en la matière. Ainsi, les compétences genre sont également acquises par des expériences professionnelles ou militantes au sein d’organisations féministes, par exemple dans les associations de lutte contre les violences ou de promotion de la santé sexuelle des femmes. Aujourd’hui, les deux voies d’acquisition des compétences genre (professionnelles et militantes) se complètent mutuellement, les diplômes sur le genre venant compléter la formation des militantes, et réciproquement, les expériences de terrain des militantes venant matérialiser la formation des titulaires d’un diplôme sur le genre.